Histoire de DOJO
 
  Juste une histoire...

Une histoire de caractères.

Quelque soit la discipline martiale pratiquée, le lieu où l’on modèle, où l’on façonne sa pratique est le "Dôjô" (Doyo). Il est donc utile de connaître ce lieu traditionnellement réservé à l’étude. Ce qui n’est pas toujours le cas.

Avec le nombre de « salles » implantées en France entre les année 60 et 80, le dojo se transforme vite en « club » et les tatamis en « tapis » homologués par « la fédération », et le language courant a voulu que le do-jo soit le lieu (jo) où l’on étudie (...) la voie (do). Selon cette traduction, il manque donc un idéogramme, un caractère. On retrouve le caractère DO (en chinois Dao ou Tao) qui signifie la « voie » et le caractère JO (en chinois Chang ou Jang) qui signifie le lieu, l’endroit, mais provient également du japonais ancien « ageru » qui signifie « élever », « édifier » avec l’idée de don. Cet ancien idéogramme représentait à l’origine (racine chinoise) une tête chevelue vue de face et désignait étymologiquement le chef (la tête) accolé à la notion de marche en avant, laissant une empreinte profonde, que l’on pourrait traduire par « conduite tracée par le chef de clan », en orient : l’autorité suprême. En chine cette autorité suprême était qualifiée de « fils du ciel » et au japon, l’empereur était considéré comme « descendant du soleil ». Dans les deux cas c’est « le chef de clan » qui imprime la voie à suivre.

Pour les boudhistes, d o j o se traduit également en sanscrit bodhimanda : « le lieu de l’édification ». On retrouve également « manda » dans « mandala » signifiant « enceinte » et par extension « cercle » ou « roue ».. Manda est donc une enceinte circulaire consacrée. « Bodhi » peut se traduire par « parvenir à l’éveil ». Bodhimanda, le dojo, est donc bien un lieu où l’on vient se reconstruire, se réaliser.







Une histoire d’histoire.

Au japon, un empereur du 8ème siècle (Kammu) fixa des règles et des rituels concernant le dojo « Butokuden » (salle de la vertu chevaleresque) qu’il fit construire dans le parc de son palais en l’honneur de Sakanoue Tamuramaro (titré « seï I taï shogun par l’empereur, littéralement « généralissime dompteur de barbares »). Transmisent de génération en génération, elles ne se sont guères altérées de nos jours, et nous pouvons retrouver une disposition traditionnelle au dojo japonais ainsi que le rituel lui étant rattaché, toujours respectés (n’importe où dans le monde, chacun salut le dojo de la même façon !).






Une histoire d’espace.

L’orientation d’un dojo vient du Feng Shui (tradition chinoise) et plaçait son mur principal au Nord (représentant le « guerrier noir », l’empereur du nord). Ce dernier prenait place au centre de ce mur face au shinza (assise (za) du coeur-esprit (shin)). C’est donc le lieu où réside « l’esprit originel » (Ame no minakanushi no kami), divinité solaire d’où descend l’empereur du japon.

La place d’honneur du gentilhomme est à sa gauche (Est) mais à sa droite s’il est armé (Ouest).

Cet emplacement d’honneur prit le nom de KAMIZA (assise (za) des esprits (kamis)). Divinité de l’eau (Mi) et du feu (Ka) au sud, l’orientation du dojo est clairement définie.

A l’opposé se trouve le SHIMOZA. C’est l’assise (za) des ancêtres (shimo - venant de shimeru = être à l’origine). Il correspond à la justice et à l’égalité et est dédié aux « kamis de naissances divines ». C’est traditionnellement l’endroit où se trouvaient exposées les caligraphies du « fondateur ».

Ces entités forment un ensemble qui se confond en UN. Ceci se matérialise dans l’autel, le « tokonoma » placé devant le shimoza. A l’origine le tokonoma représentait symboliquement la grotte céleste dans laquelle s’était réfugié le kami à l’origine des dynasties impériales. Il fut ensuite dédié à la famille impériale, à l’impératrice, puis à l’empereur lui-même et plus récemment au maître fondateur du dojo, qui, dans ce lieu représente l’empereur et son autorité donc, le japon tout entier.





Il était de tradition de poser dans le tokonoma un petit miroir qui servit plus tard à surveiller ses arrières pendant la prière. C’est devant ce tokonoma que l’on disposa encore plus tard « le daïsho » (paire de sabre), les fourreaux en laque polie jouait le rôle de miroir.

Dans la plupart des dojos traditionnels le kamiza était composé d’une cloison de bois dans laquelle étaient disposés des armes et les archives du dojo (maki).

Du coté du Shimoza (sud) se trouvait généralement l’entrée ainsi que l’aire d’attente (« hikae seki » : lieu où l’on prend des notes) réservée aux visiteurs. C’est à cet endroit que les profanes venant s’inscrire, et signaient de leur sang un serment les engageant à ne pas divulguer à l’extérieur, les « secrets » de la pratique. Y figuraient également les noms des anciens gravés le plus souvent sur des plaquettes de bois.

La partie droite (coté est, Jokesi) est considéré comme ura, donc yin ou féminin, à l’oposé, la partie gauche (coté ouest, shimozeki) est omoté, yang et masculin. Le joseki est réservé aux anciens, les plus hauts gradés se situant près du kamiza. Le nord-est demeure la place d’honneur, le Joseki. En oposition le coté ouest est réservé aux moins anciens, se trouvant donc près de l’entrée et étaient, en cas de conflit, les « premiers sabrés », les plus anciens protégeant leur maître de leur sabre (Mukyu : littéralement « sans grade », « sans nom » (sans plaquette à son nom dans le dojo) a évolué et est devenu « débutant ». En comparaison le premier kyu (ceinture marron) correspond aux « sans nom » qui commencent à exister, se rapprochant donc des premiers DAN et commençant simplement à exister dans et pour le dojo. Le premier DAN était donc le niveau où commençait l’étude vraie.

Pour l’histoire : Maître Kawaishi imagina les ceintures de couleurs, afin d’attirer l’ambition occidentale. C’est pour cela que, encore aujourd’hui, la ceinture noire est considérée comme un aboutissement alors que tout part de là ! Au japon, le premier DAN correspondait au grade de caporal, alors que le premier kyu était première classe, et en dessous les « ashigaru » (ceux qui vont à pied, les fantassins). Ce n’est qu’à partir du troisième DAN que la pratique commençait à se réaliser et à se « rapprocher du maître ».

Il y a encore peu, au japon, la seule distinction respectée était l’ancienneté, un « sempai » (celui qui était là avant) prime toujours sur le kyohai (celui qui est arrivé après). L’enseignant est seulement « celui qui montre la voie », « celui qui est en avant ». Même l’emprereur devait le respect à l’enseignant dans l’exercice de ses fonctions. Ce principe demeure dans le fait que les élèves quelqu’ils soient, s’assoient pour l’écouter.

 
 
 
 

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